Qu'est-ce que le stress au travail ?

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, le stress entraine, à lui seul, une perte de productivité de 900 milliards d’euros par an pour l’économie mondiale. Le traitement de la thématique « bien-être au travail » représente donc un enjeu majeur pour notre société, à la fois sur le plan de la santé mais également sur le plan économique.



L’origine multifactorielle du stress au travail


Plusieurs paramètres ont été avancés pour expliquer l’origine du stress au travail. Il s’agit notamment de la pression liée au respect des échéances, de la réalisation des objectifs, du jugement des supérieurs, de la flexibilité des horaires, ou encore de la compétition interne entre les salariés... Cependant, les scientifiques s’accordent sur le caractère multifactoriel à l’origine du stress, et par conséquent sur la difficulté à en isoler les causes.

L’apparition des nouvelles organisations de travail en relation avec les avancées technologiques, et en particulier le phénomène de portabilité (pc, mail, téléphone…) induit une extrême porosité entre le travail et la vie privée, marquant ainsi la fin du cloisonnement bureau/maison. Sans changement du fonctionnement de l’entreprise prenant en compte l’intégration des nouvelles technologies de demain, les modes de management traditionnels, mettant l’accent sur la productivité et l’intensification du travail, se révèlent néfastes sur le long terme. C’est donc une véritable révolution mentale qu’il faut entreprendre pour convaincre les responsables de modifier et d’adapter l’organisation du travail au sein même de l’entreprise. Management, RH, prise en charge individualisée, il existe de nombreux axes de réflexion pour répondre aux défis de l’avenir, en limitant les conséquences de l’épidémie de mal-être au travail.


L’absentéisme comme principale conséquence


Au niveau de l’entreprise, l’absentéisme semble être un critère révélateur de l’impact négatif du stress. Pour preuve, ce dernier serait à l’origine de 50 à 60% des jours d’absence en Europe, portant, pour la seule année 2007, à 3,5 millions le nombre de jours de travail perdu. Les conséquences financières sont considérables, elles s’élèveraient à près de 2 à 3 milliards d’euros par an. Mais ce constat néglige encore les conséquences collatérales du stress au travail, affectant la performance même de l’entreprise, par une baisse de la qualité et de la productivité. Outre l’impact économique, c’est également la notoriété de l’entreprise qui peut alors être affaiblie de manière durable.

Sur le plan de l’individu, le stress semble à l’origine de très nombreux problèmes qui peuvent, par exemple, se manifester par des troubles émotionnels (hypersensibilité, nervosité, angoisse), intellectuels (trouble de la concentration, altération de la prise décision), psychologiques (anxiété, dépression) ou même physiques (douleurs musculaires et articulaires, TMS), pouvant conduire les personnes les plus vulnérables, et dans les situations les plus critiques, à des scénarios dramatiques.


Par Gil Borelli docteur en physiologie

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